Où est-il ce Soleil qui m'a touché ?
Je suis entré malgré moi et malgré lui
Dans les orbes de sa robe de feu et de lumière...

Où est-il ce Soleil qui m'a touché ?
Il éclaire.
Il anime et enrichit bien d'autres mondes,
Ailleurs, loin, par-delà les grandes eaux.
Et moi, je l'ai trouvé un jour d'automne,
Feuille dorée parmi les feuilles dorées,
Lumière plus claire, chaleureuse et douce à mon âme
Que tant d'autres pourtant tout aussi méritantes
Et peut-être même en besoin d'amour.
Il était tout rond d'une future chaleur angélique,
Il avait tout pour son léger fardeau
Mais rien en volonté de séduire.
Il était adorable, alors je l'ai adoré !
Je l'ai réchauffé dans mon âme, en secret,
En secret de lui, en secret des autres
Loin de mon corps qui le pleure encore.

Où est-il ce Soleil qui m'a touché ?
Celui que j'avais pris pour un grain de sable
Au premier temps de notre rencontre...
Il grandit encore malgré lui dans mon ciel,
Il éclot, il éclate lentement.
Il suit sa course dans le monde,
Je le vois passer
Et chaque fois il me reprend dans son orbe,
Avant de me lâcher !

Où est-il ce Soleil qui m'a touché ?
S'est-il perdu dans le ciel obscur des nuits,
Ce ciel qui rassemble les attentes, les espoirs
D'yeux qui ne dorment point ?

Où est-il ce Soleil qui m'a touché ?
Se soucie-t-il de moi qui le porte, le choie, lui parle
Lui chante et lui élève un palais d'âme ?
Pleure-t-il d'ignorer que quelqu'un sombrerait,
Oh, juste dans un immense océan de chagrin,
De le savoir disparu ?

Où est-il ce Soleil qui m'a touché
Alors que je chéris ma rose et mes volcans
Sur ma petite planète ?
Oh, comme pour le Petit Prince, elle est assez petite
Pour que je vois se lever mon Soleil
Plusieurs fois par jour, et cela m'enchante.
« On ne voit bien qu'avec le cœur », certes,
Mais sans le corps pour support de ce qui est à voir
Le cœur se meurt affamé,
Il s'engorge et se gonfle d'une non-nourriture
Qui fait devenir trop petite sa cage.

Où est-il ce Soleil qui m'a touché
Et qui vole sans cesse par le monde ?
Me sait-il, par-delà tout ce qu'il embrase,
Comme une âme en peine dans un monde
Qui se grisaille, se fissure, se délite à la non-envie :
Quand un nuage passe, quand le jour s'absente,
Quand la douleur se doit d'être tue,
Par amour, par respect, par crainte d'incompréhension ?
Me sait-il, moi qui l'admire et marche derrière lui
Prêt à tout pour lui au cas où son chemin faillirait ?
Me sait-il, moi qui ne voulait que renouer un lien,
Moi qui le connaît depuis la nuit des temps,
Avant que, feuille dorée, il s'envole une fois de plus
Parmi les autres au vent d'automne ?

Où est-il ce Soleil que je ne pourrais accepter
De ne plus voir devenir étoile, et plus tard
Simple mais unique feuille dorée parmi les feuilles dorées ?
Où est-il ce Soleil qui vit dans l'ignorance de moi,
Moi qui ne suis pour lui qu'un pâle astéroïde sans doute Ou, pire, une étoile noire pour une raison inconnue ?

« Aimez-vous les uns les autres ! »
Est une injonction destinée à s'éteindre
Si les autres se limitent à un...
Ma rose sera toujours ma rose,
Même si je rencontre un renard
Et court avec lui sur les sables brûlants du désert,
Sous la canopée, sur les chemins escarpés
Des Andes, de l'Himalaya, des Alpes, …

Aimons-nous les uns les autres !
Est le vrai mantra,
Le puissant AOM renouvelé.

Où est-il, mon second Soleil ?
Celui qui, malgré lui, comble mes peines
Mes douleurs et autres solitudes d'âme,
Celui qui semble ne voir que mon ombre,
Et l'ombre de mon ombre,
Mais non la face qu'il éclaire ?...

Je l'aime mon second soleil
Mon bonheur serait de pouvoir le lui dire...

Namaste

mon paysage quotidien, ou presque... un soleil qui fuit dans toute sa splendeur