01-03-2026 : catégorie Humanité étiquetée identité, humain
Provoc ? Non, surtout pas. Léger désir intime d’élévation plus probablement, mais surtout un certain raz-le-bol des efforts académiques et médiatiques de nous imposer cette drôle d’idée comme une pseudo honte à se croire plus noble que l'animal. De plus, cette drôle d'idée nous imbrique dans l'idée animale : notre rôle est sans doute d'apporter la technologie à la planète, ou le sexe dans toutes ses dépravations plus ou moins vicieuses, ou ..., ou ..., tout cela dans une sorte de législation déculpabilisante !
« Nous sommes aussi des animaux, ne l’oublions pas ! ». Le darwinisme a fait place neuve, l’évolutionnisme a embrayé sur l’opportunité. Pourquoi, mais pour quoi donc !?

J’en appelle ici à l’expérience individuelle que chaque jour chacun de nous se contente de vivre. Qu’on soit croyant ou non, dans cette mouvance-là ou dans une autre, qu’on soit théoricien, docteur, manœuvrier, vendeur ou politicien, juge ou président de quelque chose, en pleine capacité ou soumis à un handicap, coloré ou pâle, genré ou non genré, nationalisé ou circulant, avec ou sans domicile fixe, etc. est-ce que vraiment nous vivons dans : l’ANIMALITÉ ?!!!
Certains, oui peut-être, se laissent aller à l'animalité comme d'autres à l'humanité. Il faut de tout pour faire un monde. Et puis de tout façon, chacun est soit un peu rapace, soit un peu mouton, renard, loup, moustique, requin, agneau, poulpe, taupe, etc., etc. comme si, à nous tous, nous pouvions singer tout le monde animal. On peut même être agneau un jour, vampire un autre jour (image du pervers narcissique, non ?). C'est comme si le monde animal logeait tout entier dans le monde humain. L'humain n'est pas un animal ; il a toute leur histoire en lui. Ce n'est pas une supériorité, c'est une responsabilité !
Là, maintenant, jaillit en moi ce sentiment horrible de participer à cela (et cela devient pire quand je me dis que je pourrais être un animal… le plus sale, le plus honteux, les plus ignobles de la création, l’aléa pestiféré, l’empêcheur de tourner en rond, oui, celui qui sort les éléments naturels de leur cycle en allant chercher ceux que la Nature a pris soin, pour nous offrir la plus belle planète vivable, d’enfouir, de cacher).
Certes les forces de la Nature ont aussi un aspect physique, et le génie de l’humain est justement dans le fait d’aller chercher derrière le monde vivant les restes cadavériques des périodes de construction de la planète pour les mettre au grand jour. Si on regarde avec juste un minimum de recul, ce qui nous met dans le "caca", c'est ce que nous sortons de terre. Est-ce un juste retour à la lumière ?...

L’humain, un ANIMAL ! Cela me ferait rire si ce n’était pas aussi triste. Il y a peu un ami (vrai) a placardé cette citation sur son mur FaceBook (on ne s'est pas fâché pour autant).
" Je pense que l'humanité n'est pas nécessairement la favorite de la nature, que l'humanité peut très bien disparaître, que nous ne sommes pas une espèce sacrée, qu'il y a eu 10 millions d'espèces animales jusqu'ici, que neuf millions ont été éliminées... On n'est pas l'espèce élue, comme on l'a cru pendant longtemps ; la nature peut très bien se passer de nous. Et elle ne nous éliminera pas ; c'est nous qui pourrions nous éliminer. Et si nous nous éliminons, la nature ne fera pas particulièrement un deuil, mais elle continuera à développer d'autres espèces, en espérant que ces espèces seront plus en mesure de se préserver et de ne pas se détruire."
Hubert Reeves - Conteur d'étoiles (2002)
Les conteurs ne racontent généralement pas de telles sornettes sans un clin d’œil, sans mettre un nez rouge pour dire : réfléchissons bien à ce genre de bêtises, d’âneries. L’affirmation de Hubert Reeves est gratuite, sans aucun fondement scientifique  ;! Ah, BRAVO et merci M.Hubert, vous qui êtes toujours adulé comme je l’ai fait moi-même quand vous nous racontiez les étoiles, étoiles à propos desquelles vous pouviez dire tout ce que ce vous vouliez, c'était toujours bien raconté, nécessairement... « Poussières d’étoiles... » c'est beau, non ?
Poussières d’étoiles est en fait un résumé de ce que je ressens, mais le mystère reste entier. Mon corps est fait d’atomes comme celui des pierres, celui des plantes, des animaux, des autres humains et aussi des mycètes et micro règnes qui échappent à notre vue. Nous sommes peut-être des poussières d’étoiles... Tout dépend de ce qu’on place derrière les mots étoile et poussière.
La "vie" des étoiles se passe dans un domaine où nous sommes privés de toute expérience… La plus grande de celle-ci ne peut donc être que mentale, on ne peut y mêler notre volonté ! Il suffit d’y … croire.
Quand je regarde un film, j’y crois (comme à une histoire) ; je peux même être empli d’émotion, mais absolument pas du vécu qui m’est décrit (sauf si cela ranime des souvenirs similaires).
Un jour, entre adolescence et maturité, je me suis dit que c’était sans doute pire de croire au milieu stellaire qu'on nous décrit que de croire en un dieu aux cheveux longs bouclés et purement blanc flottant dans les cieux (le dieu, pas seulement ses cheveux).
Cela (le dieu) faisait presque plus vrai que ce qu’on me racontait pour montrer, dans les magazines scientifiques, que finalement mes atomes avaient la même source que tout ce qui stagnait ou évoluait dans mon environnement. Bon, c'était vrai aussi que je n'y croyais pas plus qu’au Vieux Saint Barbu… (il n’avait aucune raison d’être un mâle, et encore moins avoir l’allure d’un ... animal). Confusément sans doute, j’avais l’impression que je me trompais aussi sur ce point (le dieu…), hors un symbolisme déchirant, la vérité devait résider de ce côté. C’était à la fin de mes études d’ingénieurs, quand encore, pour moi, tout était ou devait être rationnel, même les nombres irrationnels sont envisageable rationnellement (ça, cela m’amuse encore surtout depuis que j'ai fréquenté assez intensément le nombre imaginaire, fantaisie adorable des nombres complexes, et (bien plus tard) quand j'ai rencontré les quaternions).
Si une approche rationnelle de la Nature reste un jeu mathématique, cela vaut l’expérience de penser la chose ainsi en se disant que quoi qu'on fasse, il ne s'agit pas de la Nature. Reste l'ultime et philosophique question : tout peut-il être mathématisé ?… Dans le monde physique, oui, sans doute même est-ce un point de vue nécessaire à la compréhension si l’on se dit que les nombres, ou les vecteurs, les nombres π, φ, e (et je ne parle pas des "constantes universelles") sont des outils . Ailleurs, c’est bien moins sûr, bien moins certain… La vie ?… Le ressenti ?… L’instinct, la pulsion, le mobile, … ? L’activité pensante ?...
L’humain, c'est un sujet pour lequel il est totalement impossible, accessoirement, d'être sûr de notre neutralité au sens scientifique du terme, et, indubitablement, d'être capable d'envisager l'issue d'une disparition de la nature.
À ce moment-là, j’ai ressenti comme une décharge électrique partant de ses doigts, me pénétrant profondément, descendant jusqu'à ma poitrine, et se propageant ensuite dans mon cœur et à travers tout mon être. Ce sentiment n'avait rien de scientifique. C'était un sentiment de plénitude, de retour à la maison.
Virginie Wolacott, neuroscientifique du mouvement et de la conscience, évoquée dans le billet précédent de ce blog
L'humain est le seul être de la nature à être devenu capable de la nier, de l'endeuiller, de la martyriser, de la saccager, de la troubler, de l'envahir, etc..
Pire, il est le seul être à sa propre proie et son prédateur. le seul à se soumettre à des lois qu'Il crée contre tout bon sens. Le seul à se nier pour dire qu'il existe, parce qu'il a la faculté de pouvoir non seulement se le dire, mais aussi de le savoir sans avoir à l'étudier. Laissez-moi encore une fois citer Jean Giono (il n'avait rien d'un scientifique, il parlait du dedans de lui) :
Terres !
Terre !
Nous sommes là, nous, les chefs de bêtes !
Nous sommes là, nous, les hommes premiers !
Il y en a qui ont conservé la pureté du coeur.
Nous sommes là.
Tu sens notre poids ?
Tu sens que nous pesons plus que les autres ?
Ils sont là, les hommes qui voient les deux côtés de l'arbre et l'intérieur de la pierre, ceux qui marchent dans la pensée de la bête comme dans les grands prés du Dévoluy dessus des herbes de famille. Ils sont là, ceux qui on sauté la barrière !
Jean Giono, in Le serpent d'étoiles.
Pourtant, il (avec un i humble) fait partie de la Nature (avec un grand N). Et en ce sens l'humain L'aime (avec un petit h parce qu'il n'a pas de prétention), il en révèle les beautés, il souffre avec Elle, La soigne, L'observe, La connaît. Il L'élève-même quand il sait La façonner de paysages en harmonie avec Elle ou en protéger ses trésors. L'humain est un être ambigu... Sa complexité est ce qui fait son originalité, pas son animalité.
Même les bactéries, très nettement plus nombreuses que nous, n'ont jamais pris le dessus. Pourquoi ? Parce qu'elles entrent dans son cadre, elles ne sont qu'une figure de style de son Harmonie, de son rythme, de sa pulsation, de sa mélodie. D'entrée de jeu, elles ont assumé un rôle, comme les prédateurs, les herbivores, les oiseaux, insectes, etc. Pas nous, nous qui sommes partis de rien, nus comme on l’a un peu trop oublié, partis de rien avec rien d'autre à faire que de se débrouiller pour survivre (je condense mais c'est à peu près ça). Parti de rien pour arriver à tout avec si peu de rapports harmonieux vis à vis d'Elle, la Nature, comme si nous n’étions pas vraiment en symbiose.
L’humain reste un mystère pour lui-même alors qu’il connaît ou pense connaître la plupart des mystères des autres espèces de la nature (qui gardent leur part de mystère aussi immanquablement).
Je vous laisse cheminer avec ces quelques jalons. Il n'y a aucune directives à donner, l'humain étant constitué intérieurement pour être libre, volontaire et aimant.
Terminons de manière plus artistique...
Être humain c'est être parfois complètement débordé par soi-même.
Mais ce n'est pas grave...
Camille COTTIN, in hommage à Jim Carrey, César 2026 à retrouver ci-dessous in (un peu trop d') extenso.