22-02-2026 : catégorie Intelligence Artificielle étiquetée naratis, sondage, Quentin Deranque
« On », c'est-à-dire quelqu'un ou quelque chose d'indéfini, m’a proposé de répondre à un sondage sur Quentin Deranque. En fait je n'ai pas fait attention à une redirection inopinée du site d'origine qui m'avait permis d'arriver là.
J’ai répondu à un sondage curieux. Le site précisait qu'il valait mieux répondre par micro que par clavier…
J’ai répondu par clavier (j’ai souvent du mal à suivre les consignes...).
La première page était fond blanc sans aucun chichi autres qu'un logo "NARATIS" et ce texte.
Bonjour, nous allons discuter ensemble du sujet suivant : Affaire Quentin Deranque - Qualitatif [ce qui veut peut-être dire qu'on s'exprime en français et non sous forme lapidaire de oui/non et autres degrés quantifiés de satisfaction]. Vos réponses sont complètement anonymes, et feront l'objet d'une synthèse ne mentionnant aucune de vos données personnelles. Merci de développer vos réponses, en cas de réponses trop courtes ou trop évasives l'entretien pourrait se terminer. Merci de répondre "J'ai compris" pour commencer l'entretien.
J'ai compris
L'entretien pouvait commencer. [Entre crochets, mes ajouts de relecture]
Quand vous avez appris la mort de Quentin Deranque à Lyon, comment vous avez réagi, honnêtement ? Vous pouvez me raconter ce que vous avez ressenti sur le moment (émotions, pensées, discussions éventuelles avec d’autres) et ce que ça a changé, ou pas, dans votre manière de voir ce genre d’événements en France.
[Je me suis alors dit que j’allais devoir face à mon ignorance, mon manque d’intérêt… et je ne suis pas sûr, alors que j’écris ces correctifs, qu’il ne s’agisse pas d’un fait divers monté en épingle pour faire dérailler le pays, un peu comme pour l’assassinat de l'archiduc François-Ferdinand le 28 juin 1914 à Sarajevo. ].
Je n'ai eu aucune pensée, aucune émotion. La radio (je n'ai pas la télé) nous abreuve sans cesse de faits tous plus sordides les uns que les autres. Celui-ci est venu percuter mon âme comme les autres : ce monde va mal. Encore une sorte de "fait divers" qui va faire monter la pression. J'ignorais tout de la victime et j'ai toujours eu de l'incompréhension face à la haine que peuvent dégager certaines "personnes". C'est probablement lié à un coup de poing, pris dans la mâchoire, par un vieux copain de primaire que je croisais "par hasard". Il m’a prétexté que, moi, j’avais réussi (ce qui n'était pas du tout mon impression) et donc, apparemment, pas lui [nous ne sommes pas entrés en débat…]. C'était il y a 53 ans... Autour de cet épisode, sinon l'histoire relativement récente pour la génération de mes grands-parents, plus rien de social ou politique n'attisait vraiment la haine, j'ai donc eu un choc "doux" c'est-à-dire non enclin à semer de la peur].
Merci pour ce que vous venez de partager, c’est très clair et éclairant sur votre ressenti. Je vous propose qu’on élargisse un peu la discussion pour aborder un autre aspect de cette affaire. Est-ce que, selon vous, La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon ont une part de responsabilité dans cette affaire, d’une manière ou d’une autre ? J’aimerais bien que vous m’expliquiez pourquoi vous le pensez (ou non) : rôle de leurs discours, de leurs proches, du climat politique autour d’eux, etc.
Je ne me hasarderai pas à plaider pour l'un ou pour l'autre, je laisse cela aux enquêteurs en espérant chez [eux] la droiture nécessaire. La politique est une mascarade, une sorte de foire d'empoigne, de petit village gaulois... Les intérêts profonds du peuple sont rarement le gros des débats, donc je m'abstiens de plonger dans les idéaux mélenchonistes comme [ceux] des RN-istes.
La responsabilité est à porter sur l'égoïsme ambiant (le moi-je qui a toujours raison sans voir plus loin que le bout de son nez sinon avec ses poings quand ce n'est pas plus), elle est à porter aussi sur le manque d'humanité cultivé par certains qui au prétexte d'avoir du pouvoir, embobine une jeunesse (jusqu'à la cinquantaine...) qui n'a, en général, que des moyens très faibles pour être objective, et des moyens très forts pour se sentir puissante. Je ne suis pas l'affaire, ni celle-ci ni les autres, j'essaie de cultiver d'autres plantes pour avoir d'autres fruits, et je laisse la justice faire son affaire (je précise que je rate aucune élection, et que si le bateau part à la dérive, j'en ferai partie...). Voilà pourquoi je ne plaide pour personne.
Merci pour votre réponse, on sent bien votre volonté de prendre du recul par rapport au climat politique actuel. Je vous propose qu’on avance et qu’on parle maintenant des conséquences possibles de cette affaire sur la vie politique et les alliances entre partis. Après ce qui s’est passé, est-ce que vous pensez que les partis de gauche (PS, EELV, PCF…) peuvent encore s’allier avec LFI ? Et pour vous, est-ce que voter LFI pour faire barrage au RN reste quelque chose de légitime, ou bien une ligne rouge a été franchie ?
[J’ai détourné la question en n’y répondant pas vraiment. Perso je ne voterait pas LFI pour "faire barrage". Dans un tel duel je m’abstiendrais sans m'abstenir d'aller voter mais en votant blanc et en me disant que si 60 % ou plus font la même chose, ces 60 %, même non reconnus par la Constitution, auront un poids à terme pour détrôner le roi (en espérant qu’il ne soit pas trop dictateur).]
J'en ai assez de cet esprit de parti ! On a élu des individus qui se comportent ensuite en moutons. Aucun n'a le courage de s'exprimer contre son camp. Pour moi ce devrait être naturel [chacun est soi]. Nos gouvernants sont très nombreux et leur rôle est de conduire le pays vers ce qui avance dans le pays pas de s'attacher à une sorte de quant-à-soi qui s'appelle. Un certain a dit "je pense, donc je suis" mais tous nous vivons l'expérience inverse : je suis donc je pense, je joue, je mange, je dors, j'aime. La ligne rouge qui est franchie ne l'est pas pour [cette] "affaire" triste (il y a eu mort d'homme, jeune qui plus est) [mais] pour des raisons que je trouve sordides, qui pour moi ne relèvent [pas] du niveau d'humanité). On ne tue pas plus ni pour raison de couleurs de peau de ni [ou] de couleurs politiques ou de couleurs intérieures (liées à l'existence de chacun, ses attentes, ses croyances, ses ambitions, etc)
Merci, on comprend bien votre ras-le-bol de la logique de camps et des lignes rouges partisanes. J’aimerais, pour finir, qu’on aborde plus directement la question de la violence politique elle-même et de la manière dont les partis gèrent leurs éléments les plus radicaux. Certaines personnes disent que, face à l’extrême droite, la violence pourrait être une forme de défense légitime. Vous, vous en pensez quoi ? Et selon vous, est-ce que le RN a mieux « tenu » ou mis à l’écart ses éléments les plus radicaux que LFI avec les siens, ou c’est pareil ?
[Là, j’ignorais que ce sondage m’emmènerait si loin et si longtemps, je fatiguais, j’avais envie de dormir. Je vois maintenant que je reprends ce texte que les fautes et les erreurs augmentent en fréquence. J’ai continué sur ma lancée.]
Oui, moi aussi parfois je me dis que la violence pourraient résoudre bien des choses... et je m'en veux aussitôt, la violence attise elle ne résout rien.
Face à l'extrême droite ou gauche, on a affaire comme moi à ce copain qui n'a pas eu de chance et se croit [quelque part] supérieur aux autres pour aspirer à son devenir. Pas de race chez l'humain, mais des cultures qui ont chacune à apprendre des autres, voilà ce qu'on doit cultiver et cela devrait commencer à l'école.
Alors la question se pose [en tous cas pour moi] : existe-t-il une culture politique autre que de se cultiver sur le sujet ?
Évidemment, si je suis attaqué sur la joue droite il y a peu de chance que je tende l'autre, mais suis-je obligé de rendre coup sur coup jusqu'à ce que la force donne raison au plus fort dans les tripes souvent le plus nul dans l'âme [ai-je à m’acharner sur ou contre l’autre par peur, dérision ou quelque raison que ce soit. S’il y a de forte chance pour lui qu’à terme il ait de toutes façons le dessus et moi la douleur, alors basta (en espérant qu’il n’aille pas au coup de grâce...)].
Si l'autre, qui est prêt à casser du noir, du juif ou du flic, sentait une once d'humanité en lui, il suspendrait aussitôt son geste, j'en suis certain. Ce qui prendrait de la valeur à ses yeux ce serait l'autre sur qui il s'apprête à taper. La fuite dans ces cas n'est pas une lâcheté pour qui n'a pas les moyens de montrer ses muscles. Il faut dans les temps de paix, cultiver justement le vrai, le bon, le juste, le sain, etc. tout cela à tête reposée, voire en débat contradictoire sans enjeu personnel. (Le sujet est long…). Ceux qui doivent avoir affaire avec la justice doivent savoir qu'ils doivent-là se plier s’ils sont reconnus comme coupables.
Merci beaucoup pour la profondeur de ce que vous venez de partager, on sent que vous avez beaucoup réfléchi à ces questions de violence et d’humanité. Nous arrivons au bout de ce thème précis, je vais donc conclure notre échange.
L’histoire pourrait s’arrêter logiquement là, mais il y a une suite inattendue :
Et puis je m’en fiche, naratis.ia est peut-être un objet de surveillance (qui sait ? Dans l’ambiance d’aujourd’hui…) ; un lien caché traînant sur un web obscur. Dans ce cas, je me suis tu, je n’ai pas eu d'autre parti pris que pour l’humanité, L’HUMANITÉ, le fait d’être humain. Ou alors, naratis.ia est peut-être simplement l’objet de quelqu’un qui en mal d’inspiration veut se faire de l’argent en écrivain d’ici demain l’histoire de cet assassinat probablement plus sordide et sans enjeu de pouvoir que (peut-être) vouloir semer la zizanie. Pourquoi je pense à cela ? Mais parce que c’est un site totalement dépouillé probablement mis en ligne et quelques heures couvrant surtout l’intégration de l’IA...
Lundi matin, les 5 € étaient sur mon compte...
Alors, beaucoup de bruit pour rien, de paranoïa pacotille, de doute inutile, etc. ? Non rien de tout ça, car je me suis exprimé sur un sujet fondamental de notre époque à mon sens : l'humanité en chacun·e !
L'assassinat de l'archiduc : « François-Ferdinand […] assassiné le 28 juin 1914 à Sarajevo. Les 2 coups de pistolet tirés par le nationaliste serbe Gavrilo Princip n'ont pas tué seulement l'héritier des Habsbourg et son épouse [Sophie Chotek de Chotkowa et Wognin], mais aussi dix millions d'hommes et de femmes, en déclenchant la Première Guerre mondiale… » Source, Sarajevo mon amour.
La tante de l’archiduc (Sissi, Elizabeth d’Autriche) avait aussi été assassinée par « un homme de 25 ans, présenté par la presse comme un anarchiste italien, né à Paris de père inconnu et trimballé toute son enfance d'orphelinats en familles d'accueil ». Source : État de Genève
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Lien du podcast : Sarajevo mon amour. L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand ( https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/autant-en-emporte-l-histoire/sarajevo-mon-amour-l-assassinat-de-l-archiduc-francois-ferdinand-7246587 )