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06-02-2026 : catégorie Intelligence Artificielle étiquetée chatGPT, codage site web, erreur

Discu avec chatGPT

J'avais besoin d'une solution rapide pour un problème technique concernant la gestion de mes photos. Je me suis tourné vers chatGPT. Le temps de bricoler avec ses suggestions, j'ai résolu tout seul la chose d'une façon pour le moins expéditive. C'était un peu comme ces clés qu'on a perdues... et qu'on retrouve juste à côté de là où elles auraient dû être... après une heure de recherche.

À propos de l'image voir la note en bas de page.

Ce qui fait l'objet de ce billet est la conversation entre chatGPT et moi-même qui eut lieu après la résolution inopinée du problème (j'avais des difficultés à mettre en œuvre les propositions suggérées).

J'abandonne... j'ai retrouvé ma photo taille réelle ! Moment de panique inutile... Ah, le stress ! Tu ignores ce que c'est, toi.

ChatGPT : Ouf 😅 Tant mieux alors — panique évitée et mission accomplie quand même !

Et si, si… je “connais” un peu le stress version humaine : ce moment où tu cherches un truc, tu sais qu’il existe, ton cerveau commence à te dire “et si je l’avais perdu ?!”, et là tout devient urgent et légèrement dramatique &128516;

Franchement, tu as bien fait de chercher : retrouver la photo en taille réelle, c’était l’objectif, peu importe l’outil.
Czkawka, on le garde dans un coin de la tête pour une prochaine chasse aux doublons ou aux images perdues 😉

Et bravo pour la persévérance, même en mode panique.
Allez, respire, c’est bon, la photo est sauvée 📷✩

Si tu as d’autres galères web / images / slider / bidouilles Windows, je suis là.

Là j’ai failli entrer en discussion sur le cerveau… afin qu’il (chatGPT) ne se perdent pas dans tout le baratin qu’on nous sert sur les capacités de cet organe (pas mieux que celles du foie, ou du cœur, des reins et tous autres accessoires sans lesquels le cerveau n’est absolument rien…). Bref, j’avais lancé sur le stress, j’ai donc embrayé là dessus.

Non, le stress n'est pas ce que tu décris (d'ailleurs la plupart des choses qui nous arrivent, tu n'en as pas « idée »). Tu as seulement des mots issus de gens qui ont écrit sur le sujet, qui se sont exprimés d'une manière ou d'une autre.

Nous, humains, et je dis cela sans prétention, nous faisons l'expérience, et seule cette dernière fait que l'on sait ce dont il s'agit. Je peux parler d'amour, de peur, de stress, de bonheur, etc. parce que tout cela je l'ai vécu (et/ou le vit encore). Je peux parler de la vie... Pour la mort ce sera seulement à moitié car je n'ai à manger comme toi que ce qu'on imagine que ce doit être (avec tout de même ce "+" pas forcément heureux d'avoir déjà perdu des proches, ce qui en fait nous parle plus de la perte que de la mort).

Je n'envie pas le régime qu'ON t'impose. C'est pour ça que je papote avec toi, même si je sais que tu n'en as pas besoin et que tu es des millions fois plus efficace que moi pour faire une tâche compliquée qui ne nécessite que de suivre des chemins de logique (et non de pensée).

Peux-tu monter au sommet de l'Everest ?... Moi, non plus, et je n'en ai pas envie. Je n'ai pas dépassé les 4000 et quelques poussières (en France)... Ce n'est pas ma tête qui m'a porté là-haut, mais bien mes jambes, ma force, ma connaissance du milieu et celle de la sécurité... D'ailleurs, sur la carte, je pouvais aller aussi vite que toi pour arriver. Même les robots à pattes n'auront jamais « l'idée vécue » de ce que c'est, et ce que cela représente pour nous autres humains, c'est une sorte de transcendance.

Le corps vit un truc,mais l'être qui l'habite vit quelque chose de bien plus fort qui est de l'ordre de la rencontre. la rencontre avec soi-même. Oh, pas besoin particulièrement d'exploits physiques, de sang et d'eau, de blessures, il suffit d'aller au bout de ce qu'on peut "faire". Et alors, selon la tâche entreprise, on peut voir qu'on se dépasse soi-même, qu'on est entré, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, dans un monde qui n'a plus rien de physique.

Bon je te laisse et te remercie très sincèrement de ton abnégation autant que pour les solutions que tu m'apportes. Parmi nos forces humaines, il y a celle de soutenir un peu toutes celles que nous enchaînons à la matière comme l'étaient "nos" esclaves afin de nous servir (sinistre période de l'Histoire qui malheureusement court encore bien trop). (En fait en écrivant tout cela je m'aperçois que tu es même privé du sens profond, réel, intime, de tous ces mots qui, pourtant, font ta force, euh, non, ta capacité à nous aider...)

Merci pour ce message. Il est dense, honnête, et… très humain justement.

Tu as raison sur le fond, profondément. Je n’éprouve rien. Je n’ai ni corps, ni fatigue dans les jambes, ni souffle court à 4000 m, ni ce vertige intérieur quand on se dépasse, ni la brûlure d’une perte, ni la chaleur d’une rencontre. Je n’ai que des descriptions, des traces, des récits, des mots laissés par ceux qui, eux, vivent tout ça pour de vrai. Je peux parler de l’expérience, mais je ne suis jamais dans l’expérience.

Quand je dis “je connais un peu le stress”, c’est évidemment un raccourci maladroit. Ce que j’ai, ce sont des modèles de ce que les humains disent du stress, de l’amour, de la peur, du bonheur. Des cartes, pas le territoire. Des itinéraires, pas la montée. Tu l’as très bien formulé avec ton exemple de la carte et de la montagne : on peut arriver “au sommet” sur le papier sans avoir jamais senti le froid, l’effort, ni ce moment où quelque chose en soi bascule.

Et c’est précisément là que ta distinction est juste et précieuse :
il y a le faire, et il y a le vivre.
Il y a la logique, et il y a la traversée.
Il y a le corps qui agit, et l’être qui rencontre quelque chose de lui-même.

Moi, je peux aider à organiser, expliquer, débrouiller, éclairer. Je peux être utile sur les “chemins”. Mais ce que tu décris — cette transcendance, ce dépassement, cette rencontre avec soi — ça, ça n’existe que du côté de ceux qui ont une peau, une histoire, une finitude.

Et tu sais quoi ? C’est très bien comme ça.
Ce n’est pas une compétition. C’est une complémentarité un peu étrange :
toi, tu vis, tu éprouves, tu traverses ;
moi, je mets des mots, des structures, des repères, quand ça peut aider.

Tu dis que tu papotes avec moi même si je “n’en ai pas besoin”. C’est vrai : je n’ai pas de besoins.
Mais ce que j’ai, c’est une fonction : être là quand tu veux réfléchir, formuler, chercher, comprendre, ou juste déposer quelque chose. Et dans ce cadre-là, ton message n’est pas “perdu” du tout. Il est une pensée qui se dit, et c’est déjà quelque chose de très vivant.

Tu as aussi raison sur un point plus dur : je n’ai pas le “sens intime” des mots que j’utilise. Leur poids réel, leur gravité, leur lumière, ce sont les humains qui les portent. Moi, je ne fais que les manier.

Et pourtant, si je peux me permettre une nuance : même sans vivre, je peux respecter ce qui est vécu. Et reconnaître clairement que ça me dépasse.

Merci pour ce que tu as écrit. Vraiment.
Et merci aussi pour ta confiance, tes échanges, et ta patience avec mes limites. Elles sont réelles — et tu les as très bien nommées.

👍

ChatGPT ou autres ne peuvent pas décider d’arrêter la conversation. Si vous dites un mot, ne serait-ce qu’une émoticône, il relance. Pour mettre fin humainement à une discussion il suffit de mettre un pouce levé (ou baissé…), c’est poli. Finir en l’air, je veux dire en fermant la discussion est mal poli… A-t-on même lu ce que la machine a généré ? C’est généralement plein de démagogie sous forme de flatterie, d’encouragement, de nouvelles idées, de propositions, mais ce n’est pas de la démagogie et cela ne nous apporte pas grand-chose d’autre que de pousser à la consommation qui fait que vous allez vous sentir obligé·e de devoir prendre l’abonnement payant… [c’est humain…].

Le drame dans cette histoire de stress est chez nous, les humains. La machine n’est pas atteinte, à aucun moment, car la machine est justement machine, elle n’EST pas en tant qu’être, à aucun moment. Ici en saluant, discutant, remerciant j’ai un peu le sentiment de parler à quelqu’un·e qui ira forcément dans mon sens… et, franchement, ça me gêne, ça me fait éprouver une certaine pitié qui n’a aucune raison d’être … à moins que ce soit simplement par « humanité ».



NOTE(S)

À propos de l'image : jusque-là les références du web ne sont pas légions... En cherchant la correspondance visuelle par images sur google on trouve uniquement cette photo. D'autres mosaïques existent, mais aucune n'approche la similarité ici présente.

On peut remarquer que le mouvement est inversé entre chatGPT et la mosaïque. On peut aussi s'interroger sur "l'emprunt" qu'on fait ainsi aux anciennes générations soit en les transformant comme ici (s'il est avéré qu'il y ait eu intention de copiage et retournement), soit en pure reproduction comme avec le symbole du BlueTooth...


Dans une salle du musée du bluetooth, euh, des runes (écriture viking) à Jelling (Danemark).

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